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Du sport à l'e-sport, la difficile appréhension juridique du jeu en ligne. Par Abdesslam Djazouli-Bensmain
le 1 octobre 2019
In volume XXIV "Jeu(x) & Droit(s)", Ouvrage collectif sous la direction de Alexandre Charpy, Valentin Garcia, Charlotte Revet & Rémi Sébalde. Collection rouge « L’Unité du Droit », Editions l’Epitoge.

Extrait de l'article :

"Le droit, et singulièrement le droit public, s’est toujours intéressé à l’industrie du divertissement. Il n’est pas nécessaire de remonter jusqu’à l’arrêt « ASTRUC » du Conseil d’Etat et la non moins célèbre note du doyen HAURIOU pour trouver des exemples de l’intérêt particulier de « cette puissance » envers ce secteur économique. En effet, outre « la loterie », « le monopole des tabacs », « l’alcool » ou même « l’opium », l’Etat a montré sa volonté de réguler les secteurs de l’audiovisuel, du cinéma et aujourd’hui le jeune domaine de l’e-sport.

En préambule à l’étude de cette relation complexe, le terme « e-sport » doit faire l’objet d’une attention particulière sur sa définition bien sûr mais aussi sur son étymologie. En effet, il est possible de croiser des termes aussi différents qu’« e-sport », « esport », « esports » ou « sport électroniques » sans saisir, précisément, les nuances entre ces différentes appellations ..."


Présentation de l'ouvrage :

Le jeu est manifestement perçu comme une activité divertissante destinée à faire passer le temps. Le rapprochement du jeu et du droit pourrait donc apparaître contradictoire. Le jeu est futile, le droit est empreint de gravité. Parfois, la doctrine se plaît à comparer le droit au jeu pour la beauté de la rhétorique. Dans le procès civil, les parties sont à la fois partenaires et adversaires, chacune jouant ses cartes pour gagner et convaincre le juge qui arbitre. Difficile toutefois d’y voir de l’amusement. En réalité, le jeu peut être pris au sérieux. Il doit l’être quand il comporte plusieurs règles à suivre et lorsque l’esprit des joueurs est exacerbé, confinant aux ambitions lucratives. L’opposition entre le jeu et le droit s’amenuise alors progressivement. Les deux sont partout. Difficile d’imaginer une société qui ne joue pas ou une société sans règles de droit. Les connexions entre le jeu et le droit apparaissent d’abord sous un angle hiérarchique. Le jeu comme le droit sont des systèmes normatifs, mais le droit ne s’efface pas devant les règles du jeu. Il encadre très souvent le jeu comme divertissement. Le premier sens du jeu s’estompe pour laisser place aux actions du jeu, le rôle à jouer. Lorsqu’il désigne la manière de se comporter, l’exercice de droits et devoirs, le jeu de l’acteur juridique se dévoile au travers de la persona, ce masque de théâtre romain dissimulant sa vraie nature. Le droit autorise d’ailleurs des jeux d’ombre et de lumière sur la scène juridique comme la fiction, la dissimulation, l’apparence. Plus originalement encore, la manière de jouer laisse place aux actions mécaniques. Le droit peut être expliqué grâce au jeu. Le jeu est alors une méthode utilisée pour dévoiler et expliquer les interactions et connexions dont peuvent faire l’objet différentes disciplines du droit entre elles ou avec tout autre élément. L’analyse économique du droit en est une illustration. Pour finir, le jeu est compris de manière plus évanescente comme un modèle de pensée lorsqu’une théorie du jeu appuie ou devient une théorie du droit. Le jeu comme le droit sont, en définitive, deux notions dont les liens sont parfois insondables et vont bien au-delà des occurrences ici exprimées. La seule certitude est que les contributeurs de cet ouvrage se sont amusés à les révéler.

Ouvrage publié grâce au soutien de la Faculté de Droit de l’Université Toulouse 1 Capitole, de l’Institut de droit privé, de l’association des doctorants de l’Institut de droit privé ainsi que du COLLECTIF L’UNITE DU DROIT.


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Informations complémentaires

Nombre de pages : 160

Sortie : octobre 2019

Prix : 29 €

ISBN  / EAN : 979-10-92684-35-3 / 9791092684353 

ISSN : 2259-8812


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